mai 102009
 

[|A Library Policy for Europe Une politique des bibliothèques pour l’Europe|]

Assemblée générale et journée d’étude d’EBLIDA, Vienne, 7-9 mai 2009
Conférence organisée par EBLIDA [1], NAPLE [2], BVÖ [3] et VÖB [4])

[|Assemblée générale ordinaire du 7 mai 2008|]

La réunion a rassemblé un nombre record de participants : 67 personnes représentant 43 organisations-membres différentes provenant de 23 pays. L’essentiel de cette Assemblée a été consacré à l’élection du Comité Exécutif et du président pour le mandat 2009 – 2011.

Gerald Leitner, de l’association des bibliothèques autrichiennes (BVÖ) a été réélu président à l’unanimité. Il a affirmé sa détermination à atteindre les objectifs ambitieux énoncés dans le programme de travail d’EBLIDA, et sa confiance dans le nouveau Comité Exécutif.

Le nouveau Comité exécutif, dont la première réunion aura lieu à l’automne 2009, est donc composé comme suit :
Président : M. Gerald Leitner, BVÖ Autriche : réélu.
Vice-président : Mme Jill Martin, CILIP Royaume-Uni : réélu, nouvellement nommé à ce poste.
Trésorier : M. Klaus-Peter Böttger, BID Allemagne : nouvellement élu.
Mme Lene Byrialsen, Danish Library Association : nouvellement élue.
Mme Saara Ihamäki, Finnish Library Association : réélu.
M. Aldo Pirola, AIB Italie : réélu.
Mme Erna Winters, VOB Pays-Bas : nouvellement élue.
António Pina Falcão, BAD Portugal : réélu.
Mme Gloria Perez Salmerón, FESABID Espagne : réélue.
M. Berndt Fredriksson, Association suédoise des archivistes : nouvellement élu.

Les membres sortants qui ont atteint la limite de durée de leur mandat, ont reçu de chaleureux remerciement pour leur travail : Barbara Lison, vice-présidente sortante, Karin Astrom Iko, Toby Bainton, Pernille Drost et Bas Savenije, trésorier sortant. Bas, Barbara et Toby resteront présidents de leurs groupes d’experts.

Le rapport d’activité de l’année écoulée a été présenté par Andrew Cranfield, directeur sortant. Les points saillants ont été les suivants :
l’importante activité déployée par EBLIDA en ce qui concerne les questions de droit d’auteurs
l’organisation de la rencontre d’Helsinki
Pourquoi et comment changer les directives européennes
La coopération avec l’IFLA
Une campagne d’adhésion.

Gerald Leitner se félicite du succès de cette campagne d’adhésions au terme de laquelle tous les pays d’Europe sont représentés sauf 2.

Le programme de travail de l’année à venir a été présenté par la nouvelle directrice d’EBLIDA, Joanne Yeomans.

[|Séminaire du 8 mai 2009|]

Le thème « Une politique des bibliothèques pour l’Europe » était à entendre dans toutes ses dimensions : quelles politiques menées au sein des bibliothèques européennes, mais aussi quelles politiques menées en Europe pour les bibliothèques, au niveau des institutions politiques et des législations. Et bien entendu, dans l’interaction entre ces deux dimensions.

Première session : « Politique de la Bibliothèque et législation »

Claudia Lux (Présidente de l’IFLA) a ouvert la session en soulignant pourquoi nous devons plaider en faveur des bibliothèques. Le nombre de bibliothèques a continué à augmenter fortement, ainsi que le volume des collections. Le 21ème siècle est l’âge de la « société du savoir ». Les bibliothèques ont tendance à devenir les « salles de séjour » des villes, et pourtant, leur rôle n’est toujours pas suffisamment visible, notamment auprès des politiciens. Elle a rappelé le rôle de l’IFLA, et des outils que cette dernière s’est donné ; par exemple, la rubrique « Libraries success stories database » dans sonsite web.

Pour Barbara Schleihagen (association de bibliothécaires d’Allemagne), la crise va toucher en premier lieu le domaine culturel et donc les bibliothèques. Aussi, des législations sont nécessaires pour les protéger au maximum. Tous les pays qui ont des bibliothèques proposant des services de bonne qualité ont des lois. Elle a évoqué les divers textes de référence (le manifeste UNESCO-IFLA et les recommandations EBLIDA-Conseil de l’Europe, par exemple). Il faut mettre en perspectives les différentes législations nationales pour progresser. Mais malgré tout, une loi sur les bibliothèques n’est jamais suffisante en soi.

Barbro Wigell Rynänen (Ministère de l’éducation, Finlande) a mis l’accent sur les objectifs de culture, de promotion de la littérature, de développement personnel continu, de développement des « compétences civiques ».

Pour Jens Thorhange (agence danoise pour les bibliothèques), une directive européenne sur les bibliothèques serait encore prématurée. Nous venons de vivre trois vagues de grands changements : informatisation, arrivée d’Internet et progrès des technologies liées, et des nouveaux comportements et besoins de la population en lien avec Internet. Trois défis se présentent à nous : 1. Intégrer les bibliothèques dans la vie courante des citoyens, rendre par exemple le téléchargement possible, proposer des services « d’éducation et formation tout au long de la vie ». 2. Développer de nouveaux services qui tiennent réellement compte des motivations des usagers. 3. Atteindre l’ensemble de la population avec des services pertinents, penser en termes de service public, travailler avec de nouveaux partenariats, contacter les gens là où ils se trouvent.

Deuxième session : « Le rôle des bibliothèques dans une perspective européenne »

Cette session a commencé avec un regard jeté par Paul Sturges sur les points communs entre les bibliothèques et les cafés, autrefois comme maintenant. Paul Sturges a insisté sur l’image démodée des bibliothèques qui prévaut en général chez les politiciens. Les bibliothèques doivent devenir d’une part « de plus en plus électroniques », et d’autre part des « troisièmes lieux ». Concept sociologique qui commence à être utilisé à propos des bibliothèques, le « troisième lieu » se définit (par rapport au « premier lieu » qui est le domicile privé, et au « second lieu » qui est le lieu du travail) comme un lieu de convivialité et de bien-être public et collectif.

P. Sturges note que les gens apprennent selon des procédures extrêmement diverses, y compris du point de vue matériel : on peut préférer apprendre debout, assis, couché, dans un environnement calme ou bien agité, etc. Les cafés du XVIIème siècle n’étaient-ils pas l’équivalent de nos bibliothèques publiques ? Paul Sturges termine sont propos avec quelques exemples où de véritables cafés sont intégrés au sein de bibliothèques.

« Speaker » à la Commission européenne, Yvo Volman, a montré comment des projets de l’UE évoluent et créent les besoin de débat et de discussion entre les différents acteurs au sein de l’UE. Il estime par ailleurs que l’intérêt porté aux initiatives européennes relatives aux bibliothèques par les politiciens, la presse et le public a augmenté, par exemple à l’occasion du lancement d’Europeana. En la matière, nous sommes face à plusieurs défis : Accroître le volume d’Europeana, y insérer des documents protégés, améliorer les outils de recherche, améliorer les modèles de financement et de gestion.

Breda Karun a terminé avec un historique des projets liés aux bibliothèques de l’UE. Depuis vingt-cinq ans, le Parlement européen a attiré l’attention des politiques sur l’importance des bibliothèques dans la Communauté. Au début, les programmes ont été axés sur les bibliothèques et le développement de systèmes de bibliothèques. Par la prise de conscience de l’élargissement de leur rôle dans la société, les bibliothèques sont reconnues comme des organisations qui peuvent contribuer de manière significative à la réalisation des objectifs stratégiques européens communs. Les bibliothèques en tant que coordinateurs ou partenaires sont impliqués dans une série de projets dans le domaine de la Recherche et du développement, de l’apprentissage tout au long de la vie, de la culture, de l’intégration sociale. Un certain nombre de projets soutenus par l’UE ont préparé le terrain pour la reconnaissance et la promotion du rôle des bibliothèques au niveau européen et national.

Troisième session : « les bibliothèques du futur : créer des accès pour l’Europe ».

Jill Cousins (EDL fondation) a montré les nombreux articles sur Mozart dans Europeana, puis a approfondi les conditions de fonctionnement et de gouvernance de EDL, propriétaire d’Europeana, ainsi que les perspectives de développement du site, comme des contributions des des utilisateurs.

Paul Ayris a donné un exemple de pro-activité avec son travail sur l’University College de Londres, et sa politique « d’Open access ».

Toby Bainton, président du Groupe d’experts sur le droit de l’information, a montré comment la situation au niveau européen sur le droit d’auteur du point de vue des bibliothèques a régressé : les durées de protections ont tendance à s’allonger, le problème des « œuvres orphelines » continue à se poser. Il y a donc encore beaucoup de pain sur la planche en termes de lobbying pour les bibliothèques.

En conclusion de la journée, Gerlad Leitner a présenté la « déclaration de Vienne » adoptée par le Comité exécutif d’EBLIDA et NAPLE.

(Compte-rendu rédigé par Pascal Wagner, envoyé de l’ABF à Vienne, sur la base de la lettre d’information de mai 2009, voir :http://www.eblida.org/uploads/eblida/1/1243600363.pdf et de ses propres notes.)

Voir également les présentations ou les résumés des interventions sur le site de BVÖ :http://www.conference.bvoe.at/presentations.html

 Publié par à 16 h 38 min

 Laisser un commentaire

(obligatoire)

(obligatoire)


+ quatre = 13