jan 202010
 

Rapport sur la numérisation du patrimoine écrit remis par Marc Tessier

Audition de l’IABD par la commission Tessier le 9 décembre 2009, Éléments fournis par écrit après l’audition

Billet d’Affordance du 13 janvier 2010

Communiqué de l’ADBGV du 20 janvier 2010

Réaction du porte parole de l’IABD publiée dans Livres-Hebdo n°805 du 22 janvier 2010 p.11 Non à la centralisation

« Le rapport reprend des observations que nous avions déjà faites : la critique de l’exclusivité commerciale et d’indexation exigée par Google, la nécessité d’une alternative publique – qui se dessine avec le grand emprunt -et l’intégration des œuvres sous droits. Mais nous émettons plusieurs réserves. D’abord, sur le choix d’un modèle extrêmement centralisé, dans Gallica, qui ne reflète pas la diversité des initiatives et des acteurs de la numérisation en France et risque de concentrer, à terme, les savoir-faire sur peu d’intervenants et de rendre secondaire le devoir d’interopérabilité. Nous défendons une coordination des initiatives, plutôt que leur centralisation. Nous regrettons aussi que l’aide publique pour numériser les œuvres sous droits soit proposée aux éditeurs sans contrepartie en termes d’accès public. Il y a des formules à trouver, par exemple des facilités d’utilisation des fichiers pour les bibliothèques. Le système envisagé répond surtout aux attentes des éditeurs, et il nous paraît indispensable d’y faire entrer tous les acteurs de la chaîne du livre. Mais cela semble être la pente naturelle de nombreux rapports sur le numérique qui ne conçoivent de modèles économiques que centrés sur l’utilisateur final, sans tenir compte des voies d’accès aux contenus que sont les services publics de documentation.  »

Analyse élaborée lors de la réunion de l’IABD du 19 janvier 2009
Numérisation de l’écrit : oui à une solution publique coordonnée

Le rapport Tessier sur la numérisation du patrimoine écrit reprend des observations que nous avions faites à propos de Google :

  • critiques à l’encontre des exclusivités d’indexation et commerciales,
  • accent mis sur la nécessité de conserver des fichiers numériques structurés et enrichis, reconnaissance de l’importance des métadonnées,
  • choix d’ une alternative publique (en l’occurrence l’emprunt national),
  • propositions concernant la fois le domaine public et les œuvres sous droits.

Nous émettons cependant des réserves sur plusieurs points :

  • Le choix d’un modèle centralisé qui présente les inconvénients suivants :
    • Il ne reflète pas la diversité des initiatives et des acteurs (bibliothèques, archives et centres de documentation) relevant des collectivités territoriales, universités et grands établissements, qui vont pouvoir difficilement s’intégrer dans un modèle excessivement centralisé ;
    • Il risque de concentrer les savoir faire sur peu d’acteurs et de rendre secondaire l’ardente obligation de l’interopérabilité.

A la centralisation, nous préférons la coordination et la coopération.

  • L’offre par l’Etat d’un travail de numérisation des oeuvres sous droits est proposée aux éditeurs sans contreparties. Elles pourraient concerner l’utilisation des fichiers par les bibliothèques : « argent public, accès public ».
  • La structure nouvelle envisagée pour Gallica associerait les éditeurs : nous pensons qu’il faut y associer tous les acteurs de la chaîne du livre, y compris les libraires, les bibliothèques et les archives.
  • La proposition de troc de fichiers avec Google correspond au souci louable d’échapper aux exclusivités commerciales et d’indexation, mais elle semble difficile mettre en œuvre.
  • Des incertitudes pèsent sur les programmes cofinancés par la MRT (mission recherche et technologie du ministre de la Culture et de la communication), menés en particulier par des services d’archives sur la base d’appels à concurrence et dont le comité de sélection reflétait la diversité des acteurs de la numérisation.
  • Il n’est pas fait mention des différentes bibliothèques numériques qui ont été inventoriées dans le cadre du rapport à paraître sur le schéma numérique des bibliothèques ni des entreprises internationales autres qu’Europeana dans lesquelles la France est engagée : le réseau francophone des bibliothèques numériques, la bibliothèque mondiale de l’Unesco.

Nous nous réjouissons, en revanche, des sommes qui doivent être consacrées dans le cadre de l’emprunt national à la numérisation d’œuvres écrites et audiovisuelles. Nous appelons à ce que ces sommes aient un effet de levier sur les acteurs économique de la filière numérique et permette cet effort coordonné de numérisation que nous appelons de nos voeux.

Nous appelons enfin une interopérabilité entre les rapports, ou du moins une interopérabilité entre les décisions qui pourraient être prises à la suite des rapports remis ou à remettre (Patino, Zelnik, Benhamou, Racine…).

 Publié par à 18 h 13 min

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