mar 082010
 

La lutte contre le piratage prend le pas sur l’accès à l’information Madame la ministre de la Culture et de la communication demande qu’un « portail blanc » limite l’accès à Internet à partir des bornes Wi-Fi mises à disposition par les collectivités locales, les universités ou les entreprises, à « des sites dont la liste seraient établie en concertation avec toutes les parties ».

Les professionnels de l’information que sont les bibliothécaires, les archivistes et les documentalistes respectent déjà et font respecter les lois sur les droits d’auteur.

Accompagner la mutation des pratiques culturelles induite par le développement des appareils numériques nomades constitue un enjeu important, essentiel, pour assurer une égalité d’accès : c’est notre participation à la réduction de la fracture numérique auprès des citoyens, y compris les plus défavorisés.

Les « bons livres » du XIX° siècle deviennent « les bons sites » au XXI° siècle

Les dégâts collatéraux créés par un bridage de l’accès à l’information, à la culture et à la formation établissent un contrôle sur les sources d’information acquises par les bibliothèques : le retour aux « bonnes lectures » n’est plus très loin. Bonjour le XIXe siècle !

Notre métier consiste à référencer et à sélectionner des ressources en ligne pour les utilisateurs en fonction de leurs besoins. On jette le bébé avec l’eau du bain : le grand public comme les milieux universitaires et scientifiques ont besoin d’ un accès ouvert pour mener à bien leurs recherches sur la Toile

En prenant en compte une demande de cette nature, Madame la ministre semble ignorer que :
Internet est un immense espace d’information mondial, en constante évolutivité, qu’aucune instance nationale n’est en mesure de limiter par une liste blanche sans porter atteinte à sa nature même,
les services d’accès publics à Internet, parmi lesquels les bibliothèques, centres de documentation et services d’archives dépendent généralement de collectivités locales ou d’établissements publics qui exercent leurs compétences en toute transparence et avec responsabilité,
Internet est à la fois le complément légitime et nécessaire de toute recherche d’information pratiquée par plus de 11 millions de Français dans les bibliothèques. Sans les bibliothèques, les archives et les centres de documentation, plus aucun lieu en France ne sera à même d’offrir un service égal à chaque citoyen.

2Des extraits d’Internet, ce n’est pas Internet, et personne ne s’y trompera !2

L’IABD déclare se tenir à la disposition du Gouvernement et des Assemblées pour travailler, en concertation avec les autorités universitaires et territoriales, sur la question de la régulation des usages d’internet, sur la base d’un équilibre entre le respect du droit d’auteur et le droit d’accès à l’information.

[|IABD-Non-a-un-portail-blanc|]

  3 commentaires à “Le mois du Blanc sur l’Internet : les bibliothécaires, archivistes et documentalistes disent NON”

  1. [...] Comment se fait-il que nous trouvions anormale cette volonté d’ingérence dans nos politiques d’acquisition? (cf Acquisitions (3) Est-ce que Hadopi et Loppsi ne conduisent pas à une sorte d’ingérence du même type, sur une échelle plus vaste? Selon l’IABD, Les «bons livres» du XIX° siècle deviennent «les bons sites» au XXI° siècle. [...]

  2. [...] limité à un « Internet citoyen » correspondant à une liste fermée de sites consultables. Les professionnels s’y étaient déjà vigoureusement opposés. Alors qu’on était enfin parvenu à bannir la réduction d’Internet à ces listes de [...]

  3. [...] correspondant à une liste finie de sites considérés comme sans danger. Ce projet avait suscité une vive réaction de la part de l’IABD (Interassociation Archives, Bibliothèques, Documentation), au nom de la défense du droit [...]

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